Église et ministère - Exemple de message funéraire 3
Message funéraire
Henry Reyenga
Dans cette présentation, nous allons aborder la question du message de funérailles : comment cela fonctionne-t-il, que fait-on, comment le fait-on ? Je ne m’attarderai pas sur des aspects techniques tels que la rédaction d’un sermon, mais je souhaite partager quelques observations issues de mon ministère et de ce que j’ai pu voir chez d’autres pasteurs au fil des années, afin de rendre les messages de funérailles plus efficaces.
Face au décès d’un membre de l’église, la première démarche consiste souvent à rendre visite à la famille endeuillée, avant même de penser au message. Il s’agit simplement de leur rendre visite, de parler du défunt, de prendre des notes, et de laisser les proches s’exprimer. Ce temps d’échange est précieux : il permet aux familles de pleurer, de rire, de partager des souvenirs, sans précipitation. Parfois, cela prend du temps, parfois tout se met en place rapidement, mais l’essentiel est d’être présent, car le deuil n’est pas un processus scientifique ou linéaire. Les personnes vivent cette étape de manière dynamique et unique ; il faut donc s’adapter à leur rythme, qu’elles soient encore dans le déni ou sous le choc. Durant ces échanges, un thème émerge souvent, révélant la manière dont le défunt a vécu, ce qui sera utile pour la préparation du message funèbre.
Je me souviens d’un homme, professeur devenu prédicateur, atteint de la maladie de Huntington. Sa famille, bien que triste, exprimait aussi une certaine joie : il était enfin avec le Seigneur, libéré de ses souffrances. En écoutant les récits et souvenirs partagés, j’ai noté des éléments marquants et posé des questions sur les passages bibliques appréciés par le défunt ou la famille. Très souvent, un passage biblique ou un thème unificateur se dégage de ces rencontres, offrant une convergence entre la vie de la personne et le message à transmettre.
De retour à mon bureau, muni d’un passage biblique choisi, je médite sur la vie du défunt et sur la manière de relier le thème du texte sacré à son histoire. Par exemple, si le passage évoque que « Dieu fait concourir toutes choses au bien de ceux qui l’aiment », il s’agit de montrer comment, malgré la maladie et les épreuves, le défunt n’a jamais perdu de vue cette promesse, et d’illustrer les grâces et la présence de Dieu dans sa vie et celle de sa famille. Ce type de message encourage, valorise les Écritures, et fait des funérailles une occasion de pointer vers le Christ et l’espérance de l’Évangile.
Une situation délicate se présente lorsque l’on ne sait pas si le défunt était croyant. Dans ce cas, il est important de ne pas « prêcher quelqu’un au paradis » : si la personne ne connaissait pas le Seigneur, il ne faut pas prétendre le contraire. La rencontre avec la famille prend alors une autre tournure, davantage axée sur l’encouragement dans le deuil et le rappel discret que Christ est l’unique espérance. On peut souligner les qualités humaines du défunt, son amour pour sa famille, son engagement, tout en rappelant qu’il portait l’image de Dieu, croyant ou non. Il est essentiel de réfléchir à la manière d’aborder les funérailles de personnes non croyantes, en restant authentique et respectueux.
La présentation du message est également un aspect dynamique : il s’agit de se demander à qui l’on s’adresse, qui l’on cherche à encourager. L’attention doit se porter principalement sur ceux qui sont directement touchés par le deuil, sans se disperser sur d’autres auditoires. Concernant la structure, même si certains préfèrent l’improvisation, il est recommandé d’écrire un manuscrit complet pour un message de funérailles. Cela permet de bien prononcer les noms et de respecter les faits, évitant ainsi toute distraction ou erreur qui pourrait blesser les proches.
Il est aussi judicieux de demander à la famille la durée souhaitée pour le message. En général, quinze minutes sont suffisantes, mais il convient d’ajuster en fonction de leurs attentes, tout en expliquant que ce temps est aussi destiné à les aider dans leur deuil. Le ton du message doit mêler grâce, encouragement, tristesse et espérance : tristesse de la séparation, mais joie si le défunt est avec le Seigneur, et surtout, espérance fondée sur la résurrection du Christ.
Enfin, il faut faire preuve d’une grande sensibilité, notamment face à des familles profondément éprouvées, comme celles qui ont perdu un enfant. Il convient d’éviter les réponses toutes faites ou les formules hâtives, et de rester attentif à la douleur des endeuillés. Continuer à se former, à lire sur le sujet, à échanger avec des aumôniers expérimentés, est un atout précieux. Accompagner les familles dans ces moments difficiles est certes éprouvant, mais c’est aussi une opportunité unique d’exprimer l’amour et la compassion que Dieu nous confie1.